Si vous voulez éviter des années de psychanalyse à vos enfants, aidez-les à accepter et à gérer leurs émotions, plutôt que de les inciter à les refouler !

Qu’on l’ait vécu ou qu’on en ait été témoin, on a tous et toutes en tête ces images de jeunes enfants piquant une colère terrible en plein milieu d’un centre commercial… C’est la hantise de beaucoup de parents qui craignent le jugement des témoins de la scène.

Pourtant, dans l’histoire, celui qui souffre le plus, c’est souvent l’enfant. Submergé par une émotion négative, il ne trouve pas d’autre moyen que cette crise pour exprimer son mal-être.

 

Des émotions utiles

 

Aussi perturbantes soient-elles, les émotions négatives sont utiles. Ce sont des signaux de notre état intérieur. Elles se déclenchent quand l’un de nos besoins fondamentaux n’est pas satisfait. Cela concerne :

  • les besoins physiologiques comme manger ou dormir ;
  • le besoin de sécurité ;
  • les besoins affectifs ;
  • le besoin d’estime et de reconnaissance ;
  • le besoin d’accomplissement de soi.

L’émotion n’est qu’une conséquence d’une situation douloureuse. Chercher à la réprimer est dangereux, car on s’attaque au symptôme et pas à la cause du problème. L’émotion pourra donc resurgir plus tard, de manière plus intense. Et à long terme, refouler ses émotions peut engendrer de l’angoisse, des symptômes physiques, voire mener à une dépression.

Donc, plutôt que de nier une émotion, il faut la laisser s’exprimer.

 

Des enfants dépassés par leurs émotions

 

L’inconvénient, chez les enfants, c’est que l’expression des émotions peut être violente : ils pleurent, ils hurlent, ils tapent…

Chez les plus petits, il ne s’agit pas de caprices. Leur cerveau est seulement trop immature pour leur permettre de gérer calmement les émotions qui les assaillent. Souvent, ils n’ont tout simplement pas les mots pour exprimer ce qu’ils ressentent. Ils sont submergés et les crises de colère, de pleurs ou de panique sont les seuls moyens par lesquels ils peuvent décharger leurs angoisses.

Heureusement, en tant que parent, vous pouvez les aider à gérer leurs émotions.

 

Quelques astuces pour les aider

 

  1. Restez calme

Mon premier conseil est de garder votre calme. C’est plus facile à dire qu’à faire, j’en conviens, car les émotions sont contagieuses. Et c’est justement pour cela que si vous vous mettez en colère à votre tour, vous risquez d’aggraver la situation. En restant posé, vous permettrez à votre enfant de s’apaiser plus rapidement.

 

  1. Ne minimisez pas les émotions de vos enfants

Les phrases comme « Arrête de pleurer, tu n’es plus un bébé » ou « Mais non, ça ne fait pas peur ! » viennent nier les émotions de vos enfants. Vous leur refusez le droit d’exprimer ce qu’ils éprouvent. Au contraire, savoir qu’ils peuvent laisser libre cours à leurs ressentis les aidera à se construire en tant que personnes à part entière avec leurs propres perceptions, certes différentes des vôtres, mais tout aussi valables.

 

  1. Différenciez émotions et comportements

S’il est important de laisser vos enfants exprimer leurs émotions, vous pouvez en revanche refuser les comportements excessifs. Expliquez à votre enfant qu’il a le droit d’être en colère, mais que ça ne l’autorise pas à taper ses copains, par exemple.

Proposez-lui de l’exprimer autrement : en dessinant ou en gribouillant ce qu’il ressent, en détournant sa colère vers un objet transitionnel (une balle en mousse à serrer très fort par exemple), en faisant des exercices de respiration qui l’apaiseront…

Le recours à certaines huiles essentielles peut également aider dans la gestion des émotions de vos enfants (ou des vôtres !). Là je te laisse conseiller celles qui te semblent les plus pertinentes.

 

  1. Distribuez des câlins

Après une crise de pleurs ou de colère, rien de mieux qu’un câlin ! Même s’il est calmé, votre enfant reste bouleversé par ce qu’il vient de vivre. Se sentir entouré lui fera le plus grand bien. D’autant que pendant ce contact rapproché, le cerveau de votre enfant va sécréter de l’ocytocine, de la dopamine, des endorphines et de la sérotonine. Un vrai cocktail de molécules du bonheur ! Elles contribuent en effet à diminuer le stress et l’anxiété, à réguler les émotions et à apaiser les tensions.

 

  1. Incitez vos enfants à verbaliser leurs émotions plutôt qu’à y réagir

Un enfant qui exprime une émotion, même violemment, est un enfant qui communique. En l’aidant à mettre des mots sur ce qu’il ressent, vous lui permettrez, petit à petit, de passer de la réaction violente à la verbalisation. Pour cela, il existe de nombreux outils qui permettent aux enfants d’identifier clairement leurs émotions.

Chez Miel Citron, on aime particulièrement le jeu Emoticartes. Grâce à ces cartes illustrées, l’enfant, à partir de 6 ans, peut visualiser les émotions désagréables qui le traversent, choisir les émotions agréables qu’il aimerait ressentir et trouver des astuces pour y parvenir.

Pour les plus jeunes, qui n’ont pas encore le vocabulaire nécessaire pour dire ce qu’ils ressentent, aidez-les en formulant l’émotion à leur place. Par exemple, si votre enfant s’agace sur un jeu de construction, dites-lui : « Je vois que tu aimerais construire une tour, mais elle n’arrête pas de tomber. Cela te met en colère. » Se sentir compris l’aidera à prendre confiance en lui.

 

  1. N’attendez pas que les émotions les submergent

Profitez des moments calmes pour aborder le thème des émotions, sans en avoir l’air. Tous les prétextes sont bons pour inciter votre enfant à en parler : un dessin animé qu’il a vu, un livre que vous avez lu ensemble, une scène du quotidien dont vous avez été témoin… Demandez-lui pourquoi, à son avis, tel personnage a réagi de telle façon, comment lui aurait réagi, ce qu’il aurait pu faire à la place…

Il existe de nombreux livres, adaptés à tous les âges, qui seront d’excellents supports pour cette découverte des émotions. Et vous connaissez peut-être le film Vice-Versa de Disney Pixar, qui montre l’importance de toutes les émotions, même celles considérées comme désagréables.

En lui ouvrant des perspectives dans des moments où il n’est pas directement confronté à des émotions désagréables, vous l’aidez à se construire une boîte à outils qu’il pourra utiliser dans les périodes critiques. Et grâce à vous, bientôt, vos enfants seront capables d’accueillir et d’exprimer leurs émotions sans se laisser submerger.

J’espère que ces quelques conseils vous seront utiles. Je vous retrouve la semaine prochaine. 

Envie d'aider d'autres parents ?
D'une activité qui a du sens et compatible avec votre vie de famille ?

Rejoignez le réseau Miel Citron
(Candidature gratuite et sans engagement)